Saisies records de cachets d’ecstasy en 1999, retour du LSD, arrivée du GHB, un narcotique qui fait oublier à ses victimes leur agression. Les policiers peinent à lutter contre ces drogues difficiles à identifier et fabriquées dans des labos discrets.

Pour les douaniers en poste à Coquelles, à l’extrémité française du tunnel sous la Manche, les saisies d’ecstasy tournent à la routine. Jeudi, ils ont encore intercepté 200 000 cachets de la plus répandue des drogues dites de synthèse dans un camion britannique chargé de fibres textiles. Ces produits stupéfiants d’un nouveau genre, déclinaisons de molécules inventées par l’industrie pharmaceutique, envahissent l’Europe et les Etats-Unis depuis le milieu des années quatre-vingt-dix. Quasiment nulles il y a cinq ans, les saisies d’ecstasy en France se seraient élevées, selon les données cumulées par la police, à près de deux millions de cachets l’année dernière. Une explosion qui s’accompagne du retour sur le marché européen du LSD, drogue phare des années soixante-dix, et de l’apparition de toutes une série de «designer’s drugs» («drogues sur mesure») aux noms aussi étranges que GHB (gamma hydroxybutyrate), Ya-Ba ou Special K. En France, cinq personnes sont mortes en 1999 en raison de ces drogues de synthèse. Pour compléter ce tableau inquiétant, les services spécialisés ont noté en 1999 une nette augmentation des prises de cannabis (+ 18 %). Et, même dans le cas de cette drogue «douce», le développement de variétés radicales comme la «skunk» néerlandaise ou le «pollen» marocain pose de nouveaux problèmes. Ces variations du cannabis, issues de croisement génétiques ou de sélection de graines, affichent un fort taux de THC – la substance active du cannabis – et inquiètent les autorités sanitaires.